Dégénérative
Où il s’agira d’Intelligence Artificielle Dégénérative
Je ne sais pas vraiment pas où commencer. Je suis triste et en colère, par leur faute. Celle des IA, les intelligences artificielles. Elles sont un grand mensonge. Du moins une grande omission. Leurs créateurs usent de tous les artifices pour que nous oubliions la haute matérialité de ces technologies, à quel point elles sont
terriblement extractivistes.
Ce qu’elles prennent à la terre
Pour leurs 26 millions de cartes graphiques promises en 2035, plus de cuivre plus de fer plus de silicium plus de terres
rares
et leur puissance de calcul, Ô puissance, prompte puissance ; la puissance c’est la pureté, dans ce monde-là, la pureté se gagne à coup de produits toujours plus
toxiques.
Pour leurs centres de données, la terre
ensevelie
sous le béton, asphyxiée comme les vivants qu’elle abrite ; 620 milliards investis dans ces centres l’année qui vient et l’homme Meta lui qui prédit Hyperion un centre presque aussi vaste que Manhattan
voyez la vapeur qui s’échappe des larges cheminées. L’homme Open IA lui qui prédit Stargate et sa consommation électrique équivalente à plus de six centrales nucléaires de Flamanville. Il y a quelque chose de pourri au royaume de ces hommes-là en Europe, l’IA est la promesse dans dix ans à peine de concentrer 7,5% de l’ensemble de la consommation électrique et l’eau, voyez la rivière, voyez le ruisseau bientôt vidés les lits, bientôt taris on se souviendra elle nous manquera
l’eau.
« En 2023, les prélèvements associés aux centres de données auraient déjà dépassé les 5 000 milliards de litres, selon les calculs de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Soit l’équivalent de toute l’eau potable puisée en France en une année »
Mais ils disent lors de leurs fastes prêches « de l’eau recyclée nous utilisons, toujours plus, demain plus, encore et encore » alors il faudrait être pleinement rassuré et retourner se pencher sur l’écran enfoui dans notre précieuse poche, les sens saturés à ne pas entendre la voix de l’IAE disant d’ici 2030, ce seront chaque année 1 200 milliards de litres
eau-non-recyclée-réellement-prélevée-dans-les-écosystèmes-soustraites-à-la-vie
Et les émissions de gaz à effet de
serre
depuis ces saints centres de données, qui pourraient tripler à l’horizon de 2030, celui là même que l’on voit et sent déjà gris au bout de nos doigts.
Sources - Le Monde « Comment l’IA dévore la planète »
Dégénérescence : faire perdre les qualités de ; état qui en résulte
La terre abîmée. Et nous avec. Pour plein de raisons. Il y a des philosophes, des laboratoires de recherche qui sans l’ombre d’un doute décrivent tout ce que l’industrie de l’IA fait à notre humanité. Là, dans ma petite tristesse ma petite colère ma petite voix je vois, les pièges du langage. Écoutez autour de vous. « L’IA a dit » « Elle a estimé », « Elle est gentille avec moi » « Elle nous a conseillé »
L’IA ne devrait pas pouvoir être sujet.
Elle ne devrait avoir aucun pouvoir sur un verbe, quel qu’il soit.
Elle n’est qu’un objet.
Il faudrait retourner chaque phrase qui en fait un sujet pour la ramener à sa condition, à sa matérialité d’objet dont on fait usage. Ce serait une grammaire dédiée à l’IA. Je reprends donc.
Ne nous autorisons pas à faire de l’IA un sujet.
Les verbes qui dessinent les mouvements du monde ne devraient pas être mis au service de l’IA.
Les objets sont ce dont nous usons pour répondre à nos besoins, nos envies, parmi ces objets l’IA.
L’exercice est peut-être fastidieux mais pourtant. Avec le temps, on apprendra, on façonnera le langage, sable mouvant glissant de nos mains vers nos claviers. L’impératif nous guidera. Il est plus aisé de réguler un objet : ce dont il est fait, comment l’utiliser, dans quels contextes, entre quelles mains il peut être placé… Alors que ce Elle, alors que ce presque prénom Lia.
Une des qualités que je chéris le plus, c’est la curiosité.
Vous vous souvenez mon « soyons toujours curieux » ?
En quoi
ces-technologies-de-synthèse-par-probabilité-des-connaissances-disponibles-en-ligne
participent ou limitent nos curiosités ?
Dégénérescence : altération ; perte de caractéristiques ; peut être transitoire ou évoluer vers la nécrose
Contrairement à ce que cette lettre pourrait laisser croire, je ne suis pas une antia. Je vois et sais toutes les avancées que ces technologies apportent notamment dans le secteur de la santé. Je vois comment parfois elles peuvent stimuler la créativité. Mais je constate aussi la pauvreté des prompts qui lancent les engrenages noirs faits d’eau de cuivre de charbon des corps exploités de leurs petites mains. La bête inhumaine se nourrit de peu, des milliards de fois, à chaque instant.
Lorsque des articles évoquent ce qui se passent dans nos cerveaux, qu’il s’agisse de l’effet du temps, de stimulations liées à la musique ou aux langues étrangères, on parle de réseaux de neurones qui s’allument. C’est un motif que les films de science-fiction savent utiliser à plein. C’est simple et c’est beau. Et puis l’autre jour, je visualisais ces innombrables ramifications, leurs lueurs leurs intensités et des éclipses définitives, je rêvais et c’était la matière sombre de cette chose nommée IA qui se répandait et éteignait sur son passage. C’était une fable triste. A force d’être éclairés par la puissance vorace de
ces-technologies-dont-le-fonctionnement-pour-nous-communs-des-mortels-est-une-nébuleuse-quasi-magique
nos propres lumières, nécrosées.
On parle d’intelligence artificielle générative. C’est un jeu de miroirs déformants.
Dégénérative, l’adjectif qui sied le mieux pour qualifier l’intelligence artificielle ?
Ces-technologies-auxquelles-les-concepteurs-ont-à-dessein-donné-les-attributs-de-la-langue-web-humaine-émojis-coeurs-et-compagnie-avec-comme-principe-dêtre-miroir-de-son-utilisateur
prélèvent à la terre ce qu’elle a de plus rare
prélèvent des savoirs mal-acquis
Il n’y a pas de magie, que des tours. Et nous, nous ne voyons rien. Nous ne voyons que la question du jour. Puis le lendemain, ou dans l’heure qui suit la suivante. Nous ne voyons que la satisfaction immédiate. Nous nous amusons. Nous jouons à discuter avec. Et pourtant. L’as de pique est dans la seconde manche et nous détournons le regard tandis que les artistes crient au pillage, tandis que le gouffre écologique est dénoncé, tandis que. A chaque fois que la touche envoi est activée,
le ruisseau détourné manque lui à l’océan, l’histoire de la terre creusée de mines profondes parfois à mains nues manque elle à nos avenirs, les mains celles de ces millions de corps invisibles à entraîner silencieusement les bêtes que nous gavons sur nos écrans manquent eux à leurs propres vies.
Demandons-nous pourquoi ? La curiosité la plus précieuse est celle-là. Celle ancrée en chaque enfant. Soyons curieux de nos propres motivations ; existent-elles seulement. Pourquoi ai-je besoin d’utiliser une IA pour cette question, pour cette tâche ? Si nous prenons ces quelques instants, pour cette question pour soi, une question rien que pour soi, alors j’ai confiance, nous remettrons ces technologies à leur place.
Voilà, c’est tout pour cette semaine et cette année 2025. Je suis curieuse de vos rapports aux outils d’intelligence artificielle. Vous me racontez ?




Totalement d'accord avec toi. Qui l'entend ?
On me conseille de lire Miki liukkonen, géniez de la littérature finlandaise, mort à 33 ans e 2023. Qui nous sauvera ?
Un récent voyage à Montreux m'a inspiré un conte de noël dystopique et pourtant sans IA https://www.lesmotsjustes.org/post/no%C3%ABl-%C3%A0-montreux