Toulouse (c’est fini)
Où un chapitre est clos, où un autre s’ouvre
Et bien voilà, le titre est explicite. Toulouse, c’est fini.
Après 5 années à Madrid (2018-2023), 3 années à Toulouse. Bim. Les prochaines, dès cet été, s’écouleront à Lille. Ouais Lille !
Trois années à peine à Toulouse parce qu’entre deux, j’étais – moi, pas toute ma famille – à Rouen pour la candidature #Rouen2028. Je suis réellement arrivée à Toulouse en janvier 2024. Bref, non ce n’est pas compliqué, presque pas.
Trois ans c’est à peine suffisant, à mon grand âge désormais, pour créer de belles et solides sociabilités. J’ai rencontré ici des lieux et des êtres humains. J’ai eu trop chaud l’été – j’avais pris le pli à Madrid. J’ai aimé l’horizon blanc des Pyrénées et la fraîcheur précieuse charriée par la Garonne. J’ai respiré fort le parfum du soleil au printemps.
Après les retrouvailles du travail en équipe à Rouen, (quelle équipe de rêve !) je n’ai pas voulu retourner à ma vie d’indépendante. Il m’aura fallu un an pour trouver un job : coordonner le groupe d’expertise climat de l’Occitanie. Il a été créé à mon arrivée. J’aurai eu la chance de le lancer, l’organiser, le projeter et maintenant voilà que je vais le confier dans quelques semaines pour qu’il grandisse encore (l’annonce de recrutement est ici d’ailleurs, si jamais vous connaissez quelqu’un que ce poste pourrait intéresser !).
Que garder d’une ville ?
Kty, Sarah, Eric, Elsa, Fabienne, Eugeny, Vincent, Stéphanie, Mathilde, Aude (mais elle c’est différent !), chat chinois, Stéphane, Catherine, Luc, Miel.
Les personnes qui m’ont accueillie dans l’écosystème culturel : les éditions de l’Attribut dont je suis devenue membre du comité éditorial (et ça va continuer malgré la distance !), le festival Convivencia, le Métronum, le festival Les Suds à Arles…
La Cave Poésie, en particulier la pièce Les aveugles et L’Enfer de Dante de Pauline Thimonnier – Es lo contrario de César Camarero y Zahir Ensemble ne pouvant être égalée néanmoins – et les plongées dans l’univers de l’artiste Louis Ponsolle (Radio Necro, Muraille…).
Le théâtre Garonne et sa fidélité pour Philippe Quesne (Les Taupes !) accueillant Laura Vazquez, se moquant de l’art contemporain dans son Paradoxe de John, sa Fantasmagoria…
Le théâtre de la Cité et l’inoubliable pièce Le livre de K du jeune normand Simon Falguières. Et Marie Stuart par Chloé Dabert1.
Le Bikini pour les touchants concerts d’Oxmo Puccino et Bertrand Belin.
La librairie Terra-Nova pour les heures passées dans ses étroits rayonnages et les rencontres d’auteurices et artistes.
Le club de tennis. (Je ne parle jamais mais de tennis. Et pourtant. Posez-moi une question. Je pense j’ai la réponse !)
Les terrasses des cafés.
Je quitte la ville avec la joie de toutes ces rencontres.
Comment arriver dans une ville ?
Nous déménageons toujours pour des villes où nous ne connaissons personne. Je vais tout recommencer. J’ai l’impression d’avoir oublié comment on fait. Rencontrer des gens. Rencontrer des gens et déceler des affinités. Trouver un boulot. WawW. Ça je sais comment faut faire. J’ai commencé : mots-clés, critères, scroller. J’ai accepté quelques missions au second semestre, histoire de. Mais ce que je veux, c’est rejoindre à nouveau un collectif. Ma quête : territoire, climat, culture. Trois mots qui pour moi vont très bien ensemble, doivent être réunis même et pourtant je peux vous dire qu’ils sont très très très très (ad lib.) rarement associés. On me dit « avec ton profil tu dois être repérée et cooptée, tu n’as plus l’âge de passer par des annonces et l’envoi de CV ». Pourquoi pas, mais ça, ça fonctionne quand tu es dans ton écosystème, que tu es ancrée, identifiée… Comment arriver alors ? Avec mon CV sous le bras, ma joie de découvrir une terre inconnue (mon syndrome de l’exploratrice je crois), ma curiosité des couleurs des voix des paysages des chemins des sédiments et on verra bien. Nous avons trouvé notre futur logement. Mon fiston, qui entre en seconde, candidate pour une section internationale histoire de continuer à hablar español… Affaire à suivre. Mon mari ? Lui a commencé en janvier un boulot là-bas. Ma fille ? Elle est depuis septembre à Strasbourg pour ces études supérieures. Voilà, déballage total de la vie privée. Presque.
J’ai hâte. J’aime les changements. Nous ne subissons aucun de nos changements, nous les appelons les savourons. J’ai hâte de déballer les cartons qui ne sont pas encore faits. Je me souviens quelques mois après mon arrivée à Toulouse avoir dit à mon mari (en pleurs, drama queen ouais) « je suis tout le temps toute seule ! ». J’aime la solitude car je suis profondément en paix avec moi-même. Mais la solitude choisie. Cette solitude-là, celle des premiers mois, tandis que je voulais entrer réellement en ce nouveau lieu, elle m’était imposée, comme si la ville se refusait, silencieuse. Je n’avais pas eu ce sentiment à Madrid. Les enfants étaient plus jeunes, on rencontre facilement les parents d’élèves. Maintenant je sais. Je vais avancer vers Lille avec cette attention particulière.
Coin lecture
il est peut-être possible qu’un musée ressemble plus à un hôpital, dans lequel l’important n’est pas le nombre de patients qui y entrent, mais ce qui leur arrive quand ils y sont. - Nelson Goodman
Je lis moins (et je n’écris pas du tout). J’ai lu Le Mur invisible qui m’avait été conseillé ici. No Home également : mon petit frère l’a lu ensuite il m’a dit « cette histoire est je crois un peu la nôtre ». Depuis combien de temps n’avais-je pas lu de romans ? C’est comme un thé chaud, un plaid, un feu de cheminée. Merci pour vos recos ! D’autres sont posées tout en haut de ma bibliothèque.
J’ai lu « Philosophie du langage » de Walter Benjamin. Je crois j’ai rien compris. Mais par contre le « Walter Benjamin 1892-1940 » de Hannah Arendt, lu juste avant – obviously – c’était très très bien, comme une porte qui s’ouvre. « L’art en théorie et en action » de Nelson Goodman dont je retiens la question « quand y a-t-il art ? ». Je lis en ce moment L’art de la guerre culturelle de Françis Dupuis-Déri. En parallèle l’édition de printemps du magazine AOC intitulé Culture. En perpendiculaire O de Miki Liukkonen. Je ne sais pas encore si j’accroche ou pas. En isocèle le hors-série de Socialter RESISTER aux nouveaux fascismes. Je désespère de l’état du monde alors je tente toujours plus de le comprendre. Quand on comprend on va déjà mieux non ? J’aimerais inviter dans ma newsletter l’autrice Gracia Bejjani pour son livre Sobhiyé qui m’a beaucoup touché par sa langue, son propos. Mais j’ai peur de ne lui poser que de mauvaises ou bêtes questions. Stand by.
J’écoute toujours peu de podcasts mais à coup sûr les épisodes des podcasts Minuit dans le siècle et L’esprit critique (dans deux genres totalement différents hein).
Voilà. C’est tout. Et vous ? Ça va ? Vous en êtes où ?
tous ces liens si jamais ces spectacles tournent… Je les ai vraiment aimés et peut-être, vous toucheraient-ils ?




Heureux que Le mur invisible fasse plaisir.
Luc
Je n'avais plus aucune nouvelle. Etait-ce normal ou un bugg de la plateforme substack ? Contente de te retrouver pleine de joie de déménager.